L'expression « Journalisme citoyen » a pris tout son sens depuis quelques années. En effet, l’ère du Web 2.0 et les nouvelles technologies qui en découlent ont mis l’expression « à la mode ». De nos jours, n’importe qui peut se définir journaliste, mais attention : ce n’est pas parce qu’on « twitte », « blogue » ou « facebooke » une nouvelle ou un événement qu’il faut s’attribuer le crédit d’être journaliste. Cependant, les cas où un simple citoyen fait connaître la nouvelle avant ou en même temps que les médias traditionnels arrivent de plus en plus souvent. Combien de personnes s’informent aujourd’hui avec les médias sociaux pour ensuite prendre plus d’information par les médias traditionnels ou leur version électronique? Bien sûr, il y a les grosses nouvelles qui « tuent la une » comme le séisme à Haïti ou le tsunami au Japon, mais il y a aussi, au quotidien, les faits d’actualités de notre ville et/ou région.
Prenons un exemple récent, la journée d’hier, soit le 9 juin 2011. Deux nouvelles ont fait « la une » à Québec sur les médias sociaux. La première a été le décès du fabuleux Claude Léveillée. Ce dernier s’est éteint tôt le matin du 9 juin 2011 et déjà, lorsque j'ai ouvert mes comptes Facebook et Twitter à mon arrivée au bureau, on répandait cette triste nouvelle. Avant même d’avoir ouvert la radio ou lu les journaux (papiers ou électroniques), j’étais au courant. Vous pouvez d’ailleurs consulter le texte sur l’hommage de monsieur Léveillée qui a été fait sur Twitter ou encore le fil de cette nouvelle, toujours sur Twitter. En peu de temps, le « bouche à oreille » au bureau était commencé et les gens communiquaient la nouvelle. Par la suite, les médias électroniques (Canoe.ca, Cyberpresse.ca, TVAnouvelles.ca, etc.) transmettaient à leur tour l’information et il n’a pas fallu attendre longtemps avant de pouvoir lire et entendre des témoignages et des rétrospectives de la carrière de Claude Léveillée. Ici, les internautes ont fait du "journalisme citoyen" pour faire circuler l’information et commenter la nouvelle.
Sur l'heure du midi ce même jour, je consulte mon compte Twitter pour voir ce qu’il y avait de nouveau et voilà que j’apprends que le bar « Le Dagobert » est la proie des flammes; la 3e alarme de feu venait d’être déclenchée. Encore une fois, le citoyen s’est trouvé à faire le rôle du journaliste. En effet, quelqu’un qui était sur la Grande-Allée au même moment a envoyé un message sur Twitter (on l’a fait aussi sur Facebook) et la nouvelle s’est propagée rapidement. (voir le fil de nouvelles ici ou ici). Nous avons rapidement eu accès à des photos de l’événement en direct et de plus en plus de gens ont fait circuler la nouvelle et ce, avant même qu’un média traditionnel n'ait pu le faire. Bien sûr, les médias électroniques ayant été informés de la situation se sont empressés de faire un article qu’ils ont pu rendre disponible en ligne rapidement en écrivant que des mises à jour sur le sujet viendraient sous peu, mais les premiers à transmettre la nouvelle ont été les témoins de la scène, soit les personnes qui étaient présentes à ce moment là. Voici quelques photos prises par elles :
© Julie Drolet
© Julie Drolet
© Mathieu St-Amant
© Claude Blair / Mon Topo
Pour avoir accès aux informations précieuses que peuvent détenir certains citoyens ou encore pour leur donner un accès privilégié à faire « partie de la nouvelle », certains réseaux se sont dotés d’une plate-forme pouvant recueillir témoignages, vidéos et images en temps réel. Par exemple, TVA a lancé « Mon Topo » et CNN, IReports. Cela leur permet d’être en contact direct et de façon continue avec la population qui veut bien partager les primeurs vues ou vécues. Ils publient ensuite l’information (qu'ils ont vérifiée au préalable) lors de leurs bulletins de nouvelles et sur leur site Internet respectif. « iReport a été lancé en 2006 par CNN. À l’origine, il s’agissait d’une plateforme à part, distincte du site de la chaîne d’infos américaine, avec sa propre marque, “iReport” et sa charte graphique. iReport se voulait un YouTube de l’information.
Les internautes pouvaient y envoyer leurs vidéos et leurs photos, prises sur le vif de l’actualité. Les contenus sont publiés bruts, sans vérification. Une dizaine de journalistes (issus de la presse écrite) est chargé de vérifier les contenus en amont avant de les envoyer à la chaîne pour publication à l’antenne. Sur le site, les contenus vérifiés sont marqués d’un label et facilement identifiables.
Depuis, CNN a complètement intégré son service, qui est aujourd’hui une rubrique du site, fièrement habillé aux couleurs de la marque. Ce n’est plus un concurrent du travail des journalistes, mais une source d’enrichissement.
C’est grâce à iReport que ces derniers ont pu obtenir, avant tout le monde, des documents exceptionnels sur de nombreux événements. » (Raphaël, 2011 : En ligne, 3e au 6e par.)
Il faut faire bien attention à ce qu’on peut lire sur les médias sociaux, surtout lorsque c’est écrit par quelqu’un qui ne fait pas partie du domaine journalistique. Toutefois, dans certains cas (qui sont de plus en plus nombreux), les citoyens peuvent contribuer à l’information. Personne ne peut être partout à la fois et c’est un peu pour cela que les internautes peuvent devenir nos yeux et nos oreilles lorsqu’ils publient de l’information pertinente. Cette dernière est alors transmise aux réseaux de contacts et les gens peuvent être au courant rapidement de toutes sortes de situations imprévues.
Bibliographie :
Drolet, Julie, Lockerz, 2011 [En ligne -photos] URL : http://lockerz.com/s/109122084 Consulté le 9 juin 2011.
Dorothy, Alexandre, TVA Nouvelles, 2011 : Le bar Dagobert en feu [En ligne - photo] URL : http://tvanouvelles.ca/lcn/montopo/photo/archives/2011/06/20110609-143128.html Consulté le 10 juin 2011.
Raphaël, Benoît, La Social NewRoom, 2011 : Comment CNN a utilisé le “journalisme citoyen” pour couvrir les événements au Japon [En ligne] URL : http://benoitraphael.com/2011/03/24/comment-cnn-a-utilise-le-journalisme-citoyen-pour-couvrir-les-evenements-du-japon/ Consulté le 10 juin 2011.
St-Amant, Mathieu, Yfrog Photo, 2011 [En ligne - photo] URL : http://yfrog.com/h076485143j Consulté le 10 juin 2011.




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